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Ancient Wine
The search for the origins of viniculture


Patrick E. McGovern

PRINCETON UNIVERSITY PRESS
41 William Street
US-08540 PRINCETON, NEW JERSEY
Tél.  16092584900
Fax  16092586305













L’histoire de la civilisation est, à bien des égards, l’histoire du vin. De quelque point de vue qu’on se situe, économique, religieux, social, médical, politique, la culture de la vigne est intimement liée à celle de l’homme au moins depuis le néolithique et sans doute bien avant. Nous commémorons
cette histoire chaque fois que nous versons un verre de vin et savourons le produit de cette plante eurasienne clonée, croisée, transplantée, depuis ses origines au proche orient, il y a plus de 7 000 ans [...]. La plupart des histoires de la vigne et du vin commencent là où celle-ci se termine. Elles s’appuient principalement sur les textes grecs et romains [...]. Ce livre a pour objet d’éclairer cette « préhistoire », cruciale mais en grande partie cachée, du vin et de son développement depuis l’âge du bronze jusqu’à eux.
Patrick McGovern dirige le laboratoire d’archéologie moléculaire de l’université de Pennsylvanie. Dans cette quête des origines de la vigne et du vin, il conjugue plusieurs approches :
- L’analyse génétique : l'analyse ADN permet de retrouver le passage de vitis vinifera Silvestris (la vigne sauvage) à vitis vinifera Sativa, la première vigne cultivée, à l’origine de toutes les variétés actuelles. L’une des plus grandes fiertés de l’auteur est d’avoir obtenu, à l’issue d’une négociation interminable, que l’université de Tbilissi se dessaisisse en sa faveur de l’un des six pépins, vieux de 8 000 ans, trouvés sur un site néolithique de Géorgie
- L’archéologie moléculaire, technique émergente d’analyse des traces laissées par l’activité humaine. On sait aujourd’hui faire parler les tessons retrouvés sur les sites archéologiques. L’argile dont ils sont faits est identifiée, son origine établie, la route suivie par la poterie reconstituée. Bien plus, quelques microgrammes de dépôt permettent d’en connaître le contenu. Quand il s’agit de vin, on pourra même en retrouver la composition.
- L’étude des mythologies : Mésopotamiènnes, égyptiennes, juives, grecques, chacune apporte le récit légendaire de la plantation de la vigne et de l’invention du vin qui, dans toutes ces traditions, revêt un même caractère sacré. À partir de ces éléments, McGovern reconstitue l’origine de la viticulture et du vin qu’il situe 6 000 ans avant J.C., au moyen orient, aux confins de ce que sont aujourd’hui la Turquie et l’Arménie, le Caucase, la région du mont Ararat. Il défend la thèse que cette origine est unique et non multiple. C’est d’un seul lieu que la civilisation de la vigne a progressivement gagné l’Egypte, tout le Moyen Orient puis l’ensemble du bassin méditerranéen. Mais là, nous quittons la préhistoire pour rentrer dans l’histoire.
Le mont Ararat, c’est la Bible, l’histoire de l’Arche, Noé plantant la vigne et s'ennivrant ! Il ne manque plus que le déluge et le déluge, justement, voilà qu’on l’a retrouvé. Des chercheurs américains développent, depuis une dizaine d’années l’hypothèse que, jusque vers 5 800 avant J.C., la Mer Noire était un lac au centre d’un vaste bassin fertile et peuplé, alimenté en eau douce par les grands fleuves, Don, Danube qui s’y jettent encore aujourd’hui. Ce bassin était au-dessous du niveau de la mer, séparé de la Méditerranée par le barrage naturel qui constituait le Bosphore. Le réchauffement consécutif à la fin de la période glaciaire fit monter le niveau de la mer. Le barrage céda, les eaux inondèrent brutalement le bassin qui devint la Mer Noire. En anglais, sinon en hébreu, le même mot « flood » désigne à la fois le déluge ou l’inondation. Ce scénario, l’hypothèse Noé, n’est pas sans rappeler celui développé actuellement sur les origines de Homo-Sapiens qui descendrait d’une seule et unique femelle, « l’hypothèse Eve »... À ce stade, le lecteur ne pourra se défendre d’une certaine méfiance.
Fondamentalistes et créationnistes ne seraient-ils pas en train de montrer le bout de leur nez ? La supposition n’est peut-être pas totalement absurde, mais l’auteur, qui semble un scientifique sérieux, a l’honnêteté de reconnaître qu’il a bâti un scénario fragile. De nombreuses pièces manquent à son puzzle et à tout moment, admet-il, une nouvelle découverte archéologique ou scientifique peut parfaitement faire s’écrouler tout l’édifice et ruiner l’hypothèse de l’origine caucasienne unique de la viticulture.
Tel qu’il est, ce livre très documenté et de lecture facile, est passionnant de bout en bout. Il fait le point sur l’ensemble des connaissances actuelles, sur la question, sans dissimuler les lacunes et les chaînons manquants. Il ne reste qu’à en espérer une prochaine traduction en français.

Etienne Akar





Format 16 x 24 cm - Relié
365 Pages
Édité en 2003
Prix 29,95 Dollars









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