Année 2008 - du n°126 au n°129S | Revue des Œnologues n° 127 | 27/03/2008

Que font-ils ailleurs ?

Partie d’échecs entre lobbies

Comité éthique et réflexions.

De la page 62 à la page 64

En 50 ans, la mentalité du lobby alcoolier n’a pas tellement évolué que çà !
Il y a 50 ans, dans Le Monde du 19 juillet 1956, H. Trinchet titrait : « Alcoolisme et devoir national ». D’astucieux philanthropes ayant lancé le slogan « boire un apéro de plus c’est financer le Fonds Vieillesse », les amis de l’alcool viennent dans un tract abondamment répandu de saluer comme il convient cette heureuse initiative. Du même coup, ils règlent leur compte aux abstinents, qui peuvent s’entendre légitimement reprocher le sabotage de nos institutions sociales, car « si tous les Français suivaient leurs conseils les vieux seraient payés en monnaie de singe ».
Rien n’est plus exact, et il y a longtemps que, grâce à l’imagination des ministres des finances, l’alcoolisme est devenu un devoir national et la tempérance une atteinte au crédit de l’État.
Dans le cas particulier qui nous occupe, alimenter le Fonds Vieillesse par une augmentation des impôts sur les apéritifs alcoolisés offre le double avantage non seulement de procurer des ressources pour les vieillards, mais encore, en raccourcissant l’existence des buveurs, de réduire le nombre des bénéficiaires ; ce qui augmente la somme à attribuer à chacun.
L’utilité sociale de l’ivrogne étant ainsi démontrée, il convient de mettre fin à certaines anomalies institutionnelles. Notamment remplacer l’anachronique condamnation pour ivresse publique par une promotion dans un ordre honorifique, donnant droit au port d’un « cordon » de couleur à déterminer.

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