Question : Avec la nouvelle méthode Martin quelle va être l’attitude de la Répression des Fraudes ?
R. PASSELERGUE : Le service de la Répression des Fraudes envisage de réaliser, par sondage, des prélèvements sur des vins susceptibles d’être enrichis de manière à sensibiliser les professionnels sur la précision de la méthode, afin qu’ils puissent se déterminer au cours des campagnes futures en toute connaissance de cause.
P. SUDRAUD : Bien que je ne puisse répondre au lieu et place du Directeur Général de la Répression des Fraudes, il est vraisemblable que son attitude sera la suivante :
- Dans un premier temps attendre que la méthode soit officialisée sur le plan de la CEE et que les laboratoires, en principe de Bordeaux et Montpellier, soient équipés pour la mesure de la RMN.
- Par la suite contrôler les échantillons paraissant les plus suspects (titre alcoométrique élevé et/ou vin AOC pour lesquels il n’y a pas eu de déclaration de chaptalisation)
Q. : Monsieur Passelergue a laissé entendre que la France pourrait craindre un scandale égal à celui vécu par l’Italie si la méthode R. M. N. était peu employée. Veut-il laisser entendre que l’enrichissement par chaptalisation (ou autre) constituerait un danger pour la santé ?
R. PASSELERGUE : Je pense qu’on ne peut pas laisser la question en l’état. Il vaudrait mieux la poser de la manière suivante :
Monsieur Passelergue a laissé entendre que la France pourrait faire l’objet de vives critiques de la part de ses partenaires sur les marchés étrangers, si la RMN était peu employée. Qu’entend-t-il par là ?
Réponse : dans la mesure où, à l’extérieur de nos frontières, on pourrait constater en appliquant cette même méthode d’analyse que nos vins ne répondent pas à la réglementation, il me paraît évident que notre système de production ferait l’objet d’attaque. On peut même penser que ces attaques pourraient être organisées.
P. SUDRAUD : L’enrichissement ne constitue absolument pas un danger pour la santé, quel que soit le produit utilisé (saccharose ou moût concentré rectifié) ; il n’apporte en particulier aucune augmentation de la teneur en méthanol.
Q. : Avec les vendanges mécaniques nous constatons à l’heure actuelle une augmentation des teneurs en fer dans les vins rouges. Le ferro est autorisé sur le plan CEE dans les vins rouges, pas en France. Pourquoi ? Ne pourrait-on pas autoriser le Ferro sur les rouges en France avec contrôle de l’œnologue car il n’y a pas d’autres moyens pour éviter des vins de casse ferrique.
R. PASSELERGUE : Le ferrocyanure de potassium dans les vins rouges a été interdit en raison de la difficulté de vérifier visuellement la présence de ferrocyanure en excès. Dans la mesure où certains États prévoiraient des conditions de traitements différents avec des modalités particulières de vérification de la présence ou de l’absence de ferrocyanure de potassium, il paraîtrait possible d’admettre que ce traitement puisse être effectué également sur des vins rouges. En France ce n’est pas le cas. Il paraît de loin souhaitable d’imaginer le système qui évite le passage du fer dans le vin, plutôt que d’admettre un traitement dont on sait, qu’au plan qualitatif il n’améliore pas le produit, bien au contraire.
P. SUDRAUD : Tout d’abord nous n’avons pas personnellement constaté des augmentations importantes de teneurs en fer avec les vendanges mécaniques. D’autre part ce sont les professionnels qui ont été d’accord pour que le ferrocyanure de potassium reste interdit en France pour les vins rouges (alors que moi personnellement j’étais favorable à son autorisation, sous contrôle d’un œnologue évidemment). Enfin il existe d’autres moyens d’éviter la casse ferrique, phytate de calcium et acide ascorbique par exemple.