Année 1988 - du n°46 au n°49 S | Revue des Œnologues n°49 | 17/09/2003

Alerte à la machine à vendanger. De la nouveauté ? Oui mais pas à n'importe quel prix.

Charles QUITTANSON
Ingénieur Œnologue.

De la page 53 à la page 56

Le texte reproduit ci-dessous est extrait du journal hebdomadaire La Côte d’Or Agricole et Viticole du 11 juin 1988.

Cette étude est non seulement actuelle mais est d’une importance capitale. Elle a été réalisée par un éminent et expérimenté spécialiste des vins, Jules Tourmeau, chargé de mission de l’institut National des Appellations d’Origine des Vins et eaux-de-vie (INAO) pour l’interrégion France-Nord-Est-Centre-Est. Elle concrétise les résultats des travaux récents conduits par l’institut Technique du Vin (ITV) de Beaune, Mâcon et Villefranche-sur-Saône, la Chambre d’Agriculture de S.-et-L., le Lycée Agricole et Viticole de Beaune, le Laboratoire de Chimie Agricole de S.-et-L., le Laboratoire du Getevay à Auxerre. Ce sont les observations faites par ces Instances depuis plusieurs années.
Il faut rappeler que le parc naturel français de machines à vendanger est d’environ 7 000 appareils. La Bourgogne, naturellement traditionaliste dans le domaine viticole, n’a pas fortement adhéré à ce système de vendanges mécaniques, montrant à son égard une prudence tout à fait justifiée, mais on dénombre actuellement environ 300 machines sur les quatre départements qui la composent, avec un nombre infime dans le Rhône car elle est interdite en Beaujolais, les vendanges devant, en droit et en fait, être réalisées à raisins entiers.
La France, et surtout les producteurs français, ont longtemps considéré que les vins français à appellations d’origine étaient les premiers du monde, et par voie de conséquence n’étaient susceptibles d’aucune concurrence. Cela a été longtemps vrai, mais de nombreux pays ont planté des vignes, ou ont singulièrement amélioré la qualité des vins qu’ils récoltaient. Si bien que les crus français sont de plus en plus confrontés, même sur le territoire national de l’hexagone à des vins étrangers. L’exotisme et le snobisme aidant, nos vins risquent d’être délaissés au moins partiellement.
Une haute personnalité française, le président Pinchon de l’INAO, déclarait publiquement en 1985 devant une importante assemblée de vignerons, coopérateurs, techniciens et économistes du vin réunis dans la région mâconnaise, lors du cinquantenaire de « l’appellation contrôlée » que les Français, et notamment les producteurs, devaient être fiers de leurs vins, mais il laissait clairement entendre que cette satisfaction devait s’accompagner de légitimité, ce qui revient à dire aux gens du vin : ayez l’orgueil de vos vins, particulièrement ceux de cru, si vous êtes conscients de leur qualité !

Mots Clefs :
Machine à Vendanger