Année 1990 - du n°54 au n°57 S | Revue des Œnologues n°56 | 04/09/2003

Baron Pierre le Roy de Boiseaumarié.

L'équipe de la Revue des Œnologues.

De la page 8 à la page 10

Au début du mois d’avril 1990, la communauté viticole internationale s’est retrouvée à Sainte-Cécile-les-Vignes, Châteaoneuf-du-Pape, Avignon, Chusclan, hauts lieux des Appellations d’Origine des Vins pour se remémorer la vie et l’œuvre de Pierre Le Roy de Boiscaumarié. A la mémoire de cet homme d’exception, l’Equipe de La Revue des Œnologues publie une rétrospective de la vie du Baron Le Roy, mais aussi la préface que Pierre Le Roy écrivait en 1963 pour l’ouvrage de son ami Georges KUHNHOLZ-LORMT : La Genèse des Appellations d’Origine des Vins (Voir page 4 de l’encart).

Wiston Churchill évoquant un jour le rôle déterminant des « Hurricane », et des « Spitfire », qui contraignirent au cours de l’été 1940, l’aviation allemande à renoncer à ses attaques massives contre l’Angleterre, précisait que jamais un aussi grand nombre d’hommes n’avaient été sauvés par un autre, aussi petit, c’est-à-dire les pilotes de chasse de la RAF. Le propos parodié s’applique très exactement aux centaines de milliers de vignerons français qui furent sortis d’un obscurantisme séculaire et conduits à la prospérité grâce à l’action engagée par les trois grands réformateurs de notre Viticulture : le sénateur Joseph Capus, provençal d’origine, adopté par les Girondins, Édouard Barthe, député du Midi et le Baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié. Ce dernier, héros de 1914-1918, était un ancien pilote de chasse.
Comment, as parmi les as, vint-il après la guerre, au terme de pérégrinations déconcertantes, se poser à Châteauneuf-du-Pape ? Rien, a priori, ne le désignait pour remplir le rôle que le destin lui réservait. Né le 5 avril 1890, de souche normande, fixé à Mortagne dans une propriété terrienne établie à proximité d’un Bois aux Mariés, issu d’une famille vouse au service de l’État, dont les fondateurs participèrent aux Croisades, Pierre Le Roy semblait avoir un avenir tout tracé : il serait soldat comme son père, préfet ou conseiller d’État. A signaler cependant, qu’un autre Pierre Le Roy, architecte, avait construit la flèche du Mont SaintMichel.
Mais, au tout début du siècle, un conflit opposa lors de la séparation de l’Église et de l’État, le chef de la famille Le Roy, officier de cavalerie, au Petit Père Combe, président du Conseil. Il démissionna en jurant que ses descendants ne serviraient plus ni l’Armée, ni l’État. Contraint de se reconvertir, il vint se fixer à Vendargues, dans l’Hérault, afin de diriger une exploitation viticole. Pierre Le Roy choisissait, lui, de devenir avocat. Mais, en 1907, lors du soulèvement des vignerons du Midi, prenant parti corps et âme dans le combat engagé par Marcellin Albert, il s’illustrait en mettant le feu à la porte du Palais de Justice de Montpellier derrière laquelle les forces de l’ordre, après les sommations d’usage, se préparaient à tirer. Dès lors, Pierre Le Roy prend sa place dans la légende d’une révolution manquée.

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Histoire
Baron Pierre le Roy de Boiseaumarié