Année 1990 - du n°54 au n°57 S | Revue des Œnologues n°57S | 04/09/2003

Contraintes climatiques et cycle végétatif de la vigne : l'intérêt des modèles systémiques de simulation.

Maryvonne LE BERRE
UFR de Géographie - Université Joseph Fourier - Grenoble I
Patrice UVIETTA
Laboratoire ARTEMIS-IMAG - Grenoble Membres du Groupe Dupont.

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La plupart des études portant sur les relations entre la vigne et le climat reposent sur une démarche analytique. Elles consistent le plus souvent à mettre en relation un organe du végétal avec un phénomène climatique pendant une durée plus ou moins longue, soit lors d’expériences en laboratoire, soit in situ. Mais ces expériences approfondies, parfois utiles, présentent, par rapport au but recherché, plusieurs inconvénients (Le Berre, Uvietta, 1989). A partir de ces expériences disparates, qui ne couvrent pas tout l’éventail des faits dont la connaissance est souhaitée, qui ne relèvent pas toutes du même niveau d’analyse, le risque est grand de privilégier, dans la construction des modèles, les phénomènes pour lesquels on dispose d’une bonne information numérique. Rien ne prouve que ces modèles partiels, qui reposent sur la reproductibilité d’expériences limitées, soient toujours utiles pour connaître globalement le fonctionnement physiologique de la vigne, dans son environnement, au cours de son cycle végétatif puisque, entre-temps, on a changé d’échelle d’analyse. Quant aux modèles statistiques plus complexes, tels les modèles de régression multiple, prenant en compte plusieurs paramètres climatiques pour expliquer la quantité ou la qualité de la récolte, ils ne reflètent que l’action moyenne des phénomènes climatiques : les valeurs extrêmes, déterminantes pour les réactions de la plante, sont gommées : le temps est en quelque sorte cassé par la technique.
Dans ces deux types de modèles, le comportement global du végétal au cours de l’ensemble de son cycle végétatif n’est pas envisagé. Pour pallier cet inconvénient majeur, un modèle de type systémique a été élaboré, fondé sur les interactions entre la plante, le climat et le viticulteur. Il a été concu comme un outil de compréhension de la physiologie de la vigne soumise aux événements climatiques au cours de son cycle végétatif et aux actions du viticulteur qui, par ses modes de conduite et ses traitements, modifie le nombre et/ou la croissance de certains organes du végétal. La modélisation a fait l’objet de deux phases distinctes :
- Mise au point d’un modèle prototype correspondant aux grandes hypothèses exposées dans la littérature. Ce modèle a été appliqué, pour les années 1984 et 85, à une parcelle de vignoble des Côtes-du-Rhône méridionales. Les situations climatiques y sont souvent compatibles avec un bon développement de la plante : ce fut un grand avantage pour la mise au point du modèle.
- Adaptation du prototype à un vignoble différent, pour lequel on dispose de nombreuses informations : le groupe Vigne et Vin (INRA Angers) a mis à notre disposition les données recueillies sur des parcelles expérimentales des vignobles de Bourgueil et de Saumur. Cette phase est actuellement en cours de réalisation.

Mots Clefs :
Modèle dynamique
Simulation
Climat
Val de Loire
Cycle végétatif
Vigne