Année 2012 - du n°142 au n°145S | Revue des Œnologues n° 144 | 04/07/2012

Une consommation modérée de vin rouge améliore les paramètres sanguins chez des patients post-opérés d’un infarctus du myocarde

Norbert Latruffe
INSERM UMR 866 - Équipe « Biochimie Métabolique et Nutritionnelle » - Université de Bourgogne - Dijon - France.

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Introduction
Depuis des millénaires, le vin a été un symbole majeur de la culture des pays du pourtour méditerranéen et a contribué au bien-être.
De plus, cette boisson a été utilisée pour ses propriétés médicales par plusieurs civilisations anciennes. Si les effets néfastes d’une consommation excessive de boissons alcoolisées n’est plus à démontrer, des effets bénéfiques, en particulier en termes de protection vasculaire, ont été prouvés, notamment par les travaux retentissants de l’équipe de Serge Renaud (1), travaux qui ont été relayés par les médias américains avec le questionnement du fameux « French paradox » (émission de la chaine CBS avec S. Renaud comme invité). Il est intéressant de faire le rapprochement avec la prescription de Saint Benoît au VIe siècle aux moines de sa congrégation leur autorisant à consommer une emine de vin par jour c’est-à-dire environ 27 cl (correspondant approximativement à 2 verres). Ces indications ont été scientifiquement confirmées au XXe siècle par l’étude de Serge Renaud montrant que la protection vasculaire était optimum avec une consommation de 25 cl par jour, puis reprises par l’organisation mondiale de la santé. Depuis, de nombreuses études ont confirmé les effets bénéfiques d’une consommation modérée de vin (rouge) dans la prévention primaire d’accidents cardiovasculaires. Parmi les plus récentes (tableau 1), citons : l’étude « interheart », approche épidémiologique (2) ; l’amélioration de la capacité antioxydante du sang (3) ; l’amélioration des fonctions endothéliales (4) ; la régulation des fonctions immunologiques des lymphocytes (5) ; la diminution du stress oxydant après un repas (méta-analyse) (6) ; la diminution de l’activité super-oxyde dismutase, une enzyme de défense du stress oxydant (7). Concernant les approches de prévention secondaire, une étude publiée en 2002 a concerné le suivi de post-opérés d’un infarctus du myocarde (8). De notre côté, nous avons publié récemment une étude d’intervention clinique sur post-opérés après un infarctus du myocarde (9). La spécificité étant que les patients étaient porteurs de la même pathologie avec les mêmes prescriptions médicales. L’originalité étant : étude menée en milieu hospitalier, donc avec un suivi, un régime alimentaire apparenté au type méditerranéen, un exercice physique adapté à la réadaptation cardiaque, et la consommation d’un vin rouge riche en antioxydant.

Mots Clefs :
Vin rouge
Infarctus du Myocarde